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MERVILLE/SAMARAGOU Le blog
Articles récents

Retour en photos sur la "randonnée du soir"du lundi 13 juillet 2026.

13 Juillet 2026 , Rédigé par FC

Retour en photos sur la "randonnée du soir"du lundi 13 juillet 2026.
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La lettre de juin 2026

4 Juin 2026 , Rédigé par FC

En quelques mots...

 

Foire aux disques 2026. Elle aura lieu le dimanche 4 octobre. Nos « plieurs » sont à l'ouvrage pour les 5000 flyers qui feront la pub de ce rendez-vous incontournable à l'ouest de Lille. Déjà 62 mètres de vendeurs, soit la moitié du métrage possible et nous ne sommes qu'en juin... A suivre car nous aurons besoin de bras pour installer les tables puis les ranger.

 

SAPIDAYS 2026. En mai, notre stand photocall a permis à une centaine de festivaliers de repartir avec leur photo imprimée. Certes, les bénéfices ne sont pas énormes mais nous avons passé un excellent moment au son de No One Is Innocent et Elmer Food Beat !

 

 

 

 

 

 

 

FETE CHAMPETRE du 14 juin, avec Merville-Samaragou & Cap Houtland. Rendez-vous entre 8h00 et 10h00 à la salle des fêtes de Saint-Marie-Cappel pour, au choix, une randonnée de 5 ou 9 km à l'ombre du Mont Cassel. Pas d'inscription préalable : on le fait sur place le jour-même (2 euros). Dès midi, barbecue pour 10 ou 15 euros (tarifs enfant/Adulte) : réservation conseillée sur helloasso cap houtland ou au 06 33 44 37 21. 15h00 – concert poprock avec Undergrange.

 

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Hommage à Serge dit "Le Joyeux"

27 Mars 2026 , Rédigé par FC

Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.
Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.
Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.
Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.
Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.

Nous venons d'apprendre le décès de mon ami Serge, le gardien du Bercail à Samaragou, où je logeais. Son rire et sa bonne humeur avaient fait que je le surnommais Le Joyeux. Il est mort à 53 ans d'une maladie du foie. Nous avions débloqué une aide d'urgence pour qu'il soit hospitalisé à Kara mais cela n'a pas suffi à le sauver. Je garde le souvenir de fameux moments de joie avec lui.

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Opération eau à Aloba

25 Mars 2026 , Rédigé par FC

Merville-Samaragou a financé la livraison d'eau pour le hameau d'ALOBA, près de Samaragou. La sécheresse en a privé les habitants. Il fallait remédier au manque, en attendant la prochaine saison des pluies.
Merville-Samaragou a financé la livraison d'eau pour le hameau d'ALOBA, près de Samaragou. La sécheresse en a privé les habitants. Il fallait remédier au manque, en attendant la prochaine saison des pluies.   Merville-Samaragou a financé la livraison d'eau pour le hameau d'ALOBA, près de Samaragou. La sécheresse en a privé les habitants. Il fallait remédier au manque, en attendant la prochaine saison des pluies.   Merville-Samaragou a financé la livraison d'eau pour le hameau d'ALOBA, près de Samaragou. La sécheresse en a privé les habitants. Il fallait remédier au manque, en attendant la prochaine saison des pluies.

Merville-Samaragou a financé la livraison d'eau pour le hameau d'ALOBA, près de Samaragou. La sécheresse en a privé les habitants. Il fallait remédier au manque, en attendant la prochaine saison des pluies.

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Merville prend des couleurs ... au Togo !

2 Décembre 2025 , Rédigé par FC

Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.
Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.  Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.
Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.  Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.  Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.

Les "Coloriages Mervillois", édités par Merville-Samaragou, ont été envoyés au village de Samaragou et remportent un vif succès auprès des enfants.

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Retour en photos sur la 35ème foire aux disques de Merville

4 Octobre 2025 , Rédigé par FC

Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
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Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
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Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !
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Deux vendeurs ont été mis à l'honneur pour leur fidélité : présents durant les 35 éditions de la foire de Merville !

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Succès de la Randonnée Sorcières & Tomates

15 Septembre 2025 , Rédigé par FC Publié dans #Evénement

Organisée le dimanche 14 septembre 2025 par l'association Merville-Samaragou, la randonnée Sorcières & Tomates a rassemblé 70 participants... et un chien. Le rendez-vous avait lieu à la Base du Parc (Morbecque) pour un départ groupé à 9h à travers la forêt de Nieppe, direction Haverskerque et sa célèbre Fête de la Tomate et des Légumes Anciens qu'organise PJH – Des Paysages, des Jardins, des Hommes. Cinq kilomètres de chemins herbeux, de drèves et quelques glissades dues aux pluies de la veille, dans une belle ambiance préautomnale...

Arrivé à Haverskerque, le groupe a pu découvrir les expositions et stands de la Fête de la Tomate. La solanacée est dévoilée ici en 4000 espèces de toutes tailles, formes, couleurs. Un concours élit la meilleure d'entre elles. Plus loin, on s'amuse à deviner le poids d'un imposant spécimen, entre plantations, graines, produits locaux (comme le cresson), soupes, gâteaux... sans oublier de saluer les chèvres et se désaltérer à la buvette !

A 11h30, les randonneurs ont repris le périple pour emprunter le même chemin, dans l'autre sens, direction la Base du Parc où les attendait la Fête des Sorcières. La troupe s'est alors égaillée sur le site, ce qui sonnait la fin de la randonnée. Les sorcières étaient bien là, entourées de fées, de monstres, de Vikings, de Cosaques et autres créatures surgies du passé ou d'univers fantastiques plutôt effrayants (les gosses adorent). Échoppes aux produits magiques ou mystérieux, camps de guerriers, forgeron, engins de tortures, bijoux, cuirs, déguisements, spectacles... de quoi en prendre plein les mirettes.

Un grand bravo aux bénévoles et aux participants ! Et merci aux organisateurs des deux fêtes pour leur accueil : Barbara Decoster et Julien Péret, avec une grosse pensée pour notre ami Bertrand Trinel.

 

Francis Campagne

Président de Merville-Samaragou

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Retour en photos de la Visite Nocturne du Jardin de l'Ermite (Haverskerque)

26 Août 2025 , Rédigé par FC

96 participants ont découvert les secrets de ce jardin merveilleux, dévoilés par Bertrand Trinel et Julien Péret, responsales de PJH Des Paysages, des Jardins et des Hommes. Un excellent partenriat qui a réuni Merville-Samaragou et PJH!
96 participants ont découvert les secrets de ce jardin merveilleux, dévoilés par Bertrand Trinel et Julien Péret, responsales de PJH Des Paysages, des Jardins et des Hommes. Un excellent partenriat qui a réuni Merville-Samaragou et PJH!
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Notre prochain rendez-vous.

14 Août 2025 , Rédigé par FC

 

 

Le lien pour s'inscrire :  https://www.helloasso.com/associations/merville-samaragou

 

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CARNET DE VOYAGE - TOGO - Janvier 2023, par Francis Campagne

4 Mai 2025 , Rédigé par FC Publié dans #En direct de Samaragou

Vendredi 13 janvier 2023

 

Trajet de l'aéroport de Lomé à l'hôtel Le Galion. Seul au bord de la route, avec son arme, un militaire nous arrête, ne dit rien, regarde dans la voiture puis dit qu'il ne va pas nous embêter. Il demande pour « un petit café ». Corinne, chauffeure dépêchée par Koffi, lui donne 500 CFA (76 centimes d'euro). On repart.

 

Samedi 14 janvier 2023

 

Journée à Lomé (pas prévu). En fait, il y a un malentendu : on m'a réservé une voiture pour trois jours... à 61 euros la journée, pour que je me rende à Samaragou avec un chauffeur qui me déposait, passait le lendemain à me véhiculer puis rentrait seul le surlendemain. Donc j'opte pour le bus, demain dimanche à 6h00.

Visite de Lomé avec Corinne en guide touristique. D'abord, on cherche à changer des euros car la Mastercard pour payer... ne rêvons pas. Le premier distributeur ne délivre que 20000 XOF (30 euros)... misère ! On roule parmi les milliers de motos, petits commerces, étalages, un joyeux bordel. Joyeux ? Bonne balade sur la plage de sable blond avec le retour des pêcheurs. Dans une paillote, on prend un pot tranquille avec la foule du samedi et les vendeurs à la sauvette... peu chanceux avec moi (me prendraient-ils pour un touriste?).

 

Avant çà, on a attendu des plombes pour acheter mon ticket de bus pour le lendemain, surtout que l'affaire s'est allongée à cause des coupures de courant, plutôt fréquentes, et il faut démarrer les groupe électrogènes.

 

Finalement, nous ne trouvons pas assez de cash pour payer tout ça, et une nuit d'hôtel en plus. Koffi consent à me faire crédit pour la voiture utilisée hier et aujourd'hui). Je trouve un chauffeur qui me conduira à l'arrêt de bus demain, à la sortie de Lomé. Il s'appelle Joe. Joe le Taxi. Rendez-vous 5h00 du matin devant l'hôtel. Bref, j'ai assez d'argent pour aller à Samaragou et là-bas... il faudra bien trouver du cash car ici, carte bancaire... connais pas.

 

On termine la journée au marché des fétiches avec ses serpents, singes, chats, antilopes, crapauds desséchés, ses pierres magiques, ses remèdes miraculeux qui « feront beaucoup de bien à Madame ». On m'accueille dans un petit cabinet où un « docteur » tente de me vendre quelques colifichets... sans succès.

Et me revoilà à l'hôtel Le Galion. Repas : après le foufou sauce de poisson du déjeuner, c'est brochette de bœuf, frites et légumes.

 

Dimanche 15 janvier 2023 sur la route de Lomé à Samaragou, 450 km.

 

Lever 4h15. A 5h00, Joe le Taxi est là pour m'amener au terminal des bus LK. Départ prévu à 6h30 mais ce sera 7h15, ce qui est un retard très raisonnable ici. Les coffres sont pleins à ras bord de bagages de toutes sortes. La télé du bus diffuse des clips, et des séries locales qui déclenchent l'hilarité des voyageurs.

Le trajet se déroule sans encombres, avec des haltes pour acheter de l'eau, des bananes, des fruits secs, du poisson grillé, du pain.

 

Le bus me dépose vers 15h00 à Niamtougou. Je suis le seul à descendre. Durée du trajet 7h45. Pas si mal. Deux motos m'attendent à l'arrêt de bus. On roule quinze minutes sur les pistes pour rejoindre Samaragou. Là je fais enfin la connaissance de Yedibahoma Sodwa Olivier, président du CVD (comité villageois pour le développement) qui me dit que je peux l'appeler Olivier. Le CVD est le partenaire direct de l'association Merville-Samaragou.

 

Petite cérémonie d'accueil en dégustant un tchouk (dans une demi-calebasse, comme il se doit) et avec une prière au monument de la pose de la première pierre du Bercail, endommagé par une voiture qui reculait. Le Bercail est un lieu de vie très important : buvette, salle de réunion et de fête, bureaux, chambres pour les invités, radio locale...

Ensuite on discute longuement, avec d'aller voir mon ami N'Gué, le chef du village. Il faut marcher quelques minutes pour se rendre chez lui.Le chef est très heureux de ma quatrième venue à Samaragou. Il remercie Merville et les habitants qui se mobilisent pour son village. Nous discutons du covid, des difficultés du village, de la santé. On repart après quelques photos. C'est un homme doux et gentil.

 

Un particulier a installé une grande antenne wifi (il faut s'abonner ou acheter du temps de connexion) et un bar avec « cave à vin ».

Au Bercail, discussion avec l'animateur de la radio locale, pour laquelle nous avons financé du matériel. La radio a une bonne wifi, ouverte de 4h45 à 22h00.

 

Repas sardines à la sauce tomate et pâtes. Bonne nuit en vue... avec ventilateur.

 

Note  - Pour élire le chef de canton, on aligne les candidats et les votants s'alignent derrière leur candidat, puis on compte. En principe, pas d'élection. C'est un titre héréditaire... le vote intervient quand il n'y a pas de succession. Quant au président du CVD (comité villageois pour le développement), il est élu par un vote sur un tableau avec des colonnes où l'on fait des bâtons à la craie.

 

Lundi 16 janvier 2023

 

8h00 chez le chef de canton... Je n'ai pas noté son nom, mais il doit s'agir de Monsieur Yaga. Il me propose un verre de whisky William Peel. Pas d'heure pour l'apéro et pas question de refuser ! Puis en route à trois sur la moto (je suis assis en dernier derrière le chef du canton) pour rendre visite au maire de la commune, à Niamtougou. Le canton de Baga a pour ville centrale Niamtougou, entourés des plusieurs villages : Koulinté, Kiligah, Houn, Maragou, Samaragou et Kougoua. Je me fais interpeller assez vertement parce que je prends des photos de l'hôtel de ville : ici, on craint les jihadistes. « Ils sont là mais on ne sait pas où ni qui... », me dit le chef de canton, inquiet.

Ensuite, visite à la préfecture de Defelgou, où nous sommes reçus par l'assistant du préfet. Nous les invitons à l'inauguration du pont financé par Merville-Samaragou : l'assistant dit qu'ils viendront peut-être. On finit par aller changer ma carte sim chez Togocom, puis retour au Bercail, toujours à trois sur la moto. Il est 10h30... le temps d'un peu de repos.

16h00, départ à pied pour le petit pont. Je découvre enfin ce bel ouvrage qui enjambe une ravine : à la saison des pluies, le passage était impossible et il fallait faire un tel détour que des enfants n'allaient plus à l'école. Le pont fait déjà partie du quotidien. « On a l'impression qu'il a toujours été là », me dit-on.

Rencontre avec des chasseurs armés de petites massues et de lance-pierres. Ils ont attrapé un hérisson et des écureuils. Ils disent que, quand la chasse est bonne, ils peuvent ramener des lièvres, des biches, des singes et même des gorilles. Oups !

Rencontre en chemin.

Nous passons ensuite à l'école de Kpalgan, petit établissement perdu en pleine brousse. Ici, 45 élèves en trois classes, ce qui est très peu puisque, ailleurs, certaines classes accueillent parfois jusqu'à 70 enfants. A Kpalgan, le problème c'est la fermeture de cantine, c'est-à-dire qu'il manque une dame qui s'en occuperait quelques heures par jour. A ajouter à la liste des projets à étudier. On visite les classes. Les enfants sont très obéissants et sensibles à l'autorité des professeurs. Quand ils sortent, ils retrouvent leur naturel, jouent, courent, piaillent. La cloche de l'école est une jante de roue de voiture sur laquelle un élève frappe le rappel avec un bâton.

L'une des classes de l'école de Kpalgan.
L'école et sa cantine (fermée par des tôles pour cause de manque de budget. Depuis, Merville-Samaragou finance le salaire de la cuisinière).
Fin des cours à l'école de Kpalgan.

Au retour, on boit une pot au bar-cave à vin-wifi nouvellement installé. Passage du chanteur-soudeur MickStar qui cherche à enregistrer un disque de chants traditionnels. Les studios de Lomé coûtent cher. Il a besoin d'un producteur.

MickStar.

Retour au Bercail vers 19h30.

 

Note - La grande rue de Niamtougou, comme d'autres rues au Togo, est équipée de grands lampadaires solaires... qui ne fonctionnent plus depuis un an et demi. Batteries chinoises de mauvaise qualité, vol de matériel, panneaux solaires trop hauts pour être nettoyés... Un scandale togolais qui, pour 13000 lampadaires inutiles, a coûté 1.300.000 CFA. « Un tour dans nos villes, même à Lomé ici, permet à n’importe qui de constater que ces lampadaires sont devenus depuis quelques mois des objets d’ornement. Le projet participe beaucoup plus à entretenir l’obscurité pendant que les initiateurs se pavanent tranquillement avec des milliards détournés en poche. Bienvenue dans le business des énergies renouvelables au Togo. » Source : L’Alternative No.723 du 31 juillet 2018

Les fameux lampadaires.

Note – Olivier, président du CVD, a fait des études : master en droit des entreprises, licence de philosophie, diplôme en gestion des stocks, bases en informatique. Mais il est difficile de trouver du travail. En espérant des jours meilleurs, il est cultivateur et soigne snt petit potager. Le père d'Olivier a six épouses. Olivier ne sait donc pas trop combien cela fait d'enfants. Les six épouses ne vivent pas ensemble. Il est le fils unique de sa mère.

La buvette du Bercail

On m'explique que le CVD n'a que deux sources d'argent : la buvette du Bercail et l'association Merville-Samaragou. Pourquoi ne pas dynamiser la buvette et ses activités avec une remise à neuf, du rangement, une terrasse conviviale ? Un camp-chantier ?

 

Mardi 17 janvier 2023

Le mardi, c'est marché à Samaragou, de 14h00 à 20h00. Sous les toits de paille, on trouve de tout : légumes, céréales, épices, piments, jus de fruit, friperie, couturière et... tchouk, tchouk et tchouk ! Le breuvage tiède réussit même à en enivrer certains. Les commerçants paient leur emplacement 500 CFA (76 centimes d'euro)... une fois pour toutes. Au Togo, le salaire moyen mensuel est de 48 euros.

Avec le chef N'Gué

Nouvelle visite au chef N'Gué pour qui je suis allé acheter des médicaments à l'hôpital : paracétamol et hypertension. N'Gué parle d'un projet de pont, plus grand, près de celui qu'on a construit, mais il s'agit d'un ouvrage trop imposant pour Merville-Samaragou. Au retour, on va saluer la dame qui prépare deux gros chaudrons de tchouk pour les festivités du lendemain (inauguration du pont). Le tchouk est à base de sorgho rouge, me dit-on.

 

Note – L'arbre à kapok, le kapokier, fournit des fruits qui permettent de fabriquer un coton pour les matelas. Une matière qui a de la valeur. Quant au baobab, il peut être âgé de 500 ans. Arbre sacré, il est source de bienfaits et de nourriture.

 

Note – Le salaire moyen mensuel dans le domaine public est de 48 euros.

 

La journée se termine au petit marché de Samaragou, très vivant, où l'on boit le tchoukb, boisson uniquement préparée par les femmes : « C'est un don qu'elles ont reçu de Dieu ». La nuit est chaude, l'air très sec. Je lis « Betty » de Tiffany McDaniel. Les infos annoncent une grève générale pour jeudi. La réforme des retraites semble difficile à avaler.

 

Mercredi 18 janvier 2023

 

Journée de repos. Promenade dans les villages et les environs. Quelques jolies rencontres et de plus tristes (voir ci-dessous). Deux parties de pétanque à Maragou : les boules métalliques sont tellement usées que l'on ne distingue plus les stries. Chacun cherche les siennes dans l'obscurité, au fil de longs palabres. Je m'en sors plutôt bien.

 

Préparation du tchouk, la bière artisanale, pour la fête d'inauguration du pont.

 

Jeudi 19 janvier 2023

 

Hier, la mort d'une fille de dix ans a donné lieu à de bien tristes funérailles. La foule suit le cercueil - sans couvercle – où repose l'enfant. Le cortège est silencieux. Je ne prends pas de photos. Le décès est survenu brusquement la nuit, avec du sang qui sortait de la bouche et du nez. On suspecte une épicière chez qui la fillette se rendait régulièrement. Cela ressemble à un empoisonnement mais c'est inexplicable et la raison de la mort penche plutôt du côté de la sorcellerie. Dans ce cas, ni la police ni l'hôpital ne vont s'y intéresser. Le cercueil parcourt les rues, c'est lui qui décide de son trajet. Le cercueil s'arrête plusieurs fois devant l'épicerie. La commerçante sera montrée du doigt pour longtemps.

 

Ce jeudi matin, d'ailleurs, le préfet (ou le maire?) ne sera pas présent car un homme s'est «incendié ». D'après Olivier, il ne supportait plus d'être mis à l'index, accusé de sorcellerie. Il est décédé.

 

Inauguration de la passerelle prévue à 9h00. Elle a été entièrement financée par Merville-Samaragou et relie l'école de Kpalgan au village. Nous arrivons à l'heure dite sur le site... A part trois femmes qui attendent depuis 7h30, personne à l'horizon. Nous installons le calicot géant près du pont. Olivier et ses deux amis ont préparé de longs bâtons à la machette puis creusé deux trous profonds pour les planter. Voilà, le Caou de Merville trône, fin prêt pour la cérémonie. Un bruit de scooter. C'est l'adjoint et secrétaire du préfet qui arrive. Il est 9h30. Il s'étonne du retard de la cérémonie... qui devait commencer uen demi-heure plus tôt. Nous attendons en discutant.

On dresse le Caou de Merville pour l'inauguration.
Sacrifice rituel.
Coupure du ruban.
Le président de Merville-Samaragou reçoit une tenue officielle.

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Les officiels.

0h30. Les invités et responsables arrivent : la directrice de l'école, le chef de canton, le responsable des rites et traditions, un remplaçant du chef du village, un tambour... une bonne trentaine de personnes. L'émotion monte. La cérémonie commence par le rituel qui veut qu'on égorge un poulet pour tracer une ligne de sang entre nous et la passerelle. L'expression « courir comme un poulet sans tête » est ainsi vérifiée. La ligne de sang est complétée d'une ligne de tchouk, la bière locale. Place aux discours. S'expriment à tour de rôle le représentant du préfet, le représentant du chef de canton, celui du chef du village... puis je lis la lettre rédigée par M. Duyck, maire de Merville et j'enchaîne avec le discours de Merville-Samaragou, de la part de ses adhérents. On coupe le ruban, photographiés par les téléphones des invités. Après quelques incantations, nous franchissons la ligne pour un aller-retour sur le petit pont. Les invités nous suivent.

Retour à Samaragou, en selle sur le scooter du représentant du préfet. Au Bercail, deux cents personnes dégustent le riz à la sauce (chou, jus de poisson), offert par Merville-Samaragou, comme les deux marmites de tchouk. Tous les villageois se régalent. Des lycéens arrivent et mangent aussi, joyeusement, en piochant dans les plats avec les doigts (comme tout le monde). L'effigie du Caou de Merville a été ramenée au Bercail et dressée sur la porte d'entrée. On se pousse pour se prendre en photo devant cet emblème. Je prends les photos, promettant que je les enverrai en version papier.

Les lycéennes profitent du repas de la fête.

Dans l'après-midi, Olivier et moi avons rendez-vous à Maragou, village voisin, pour l'inauguration d'un petit marché couvert financé par l'association espagnole Solman. Discours, coupure de ruban. On me prend pour le représentant de Solman mais le malentendu est vite dissipé. Ensuite on s'installe à la table des officiels pour un sandwich poisson-légumes avec une limonade qui s'appelle « cocktail de fruits », de marque Youki. Je ne suis pas sûr de conseiller ce sandwich au poisson version limonade.

 

Retour par les ruelles labyrinthiques du village. Achat de papier toilette et détour par l'église à deux clochers (comme celle de Merville), l'ensemble pastoral (basket, foot, salles, grotte de la Vierge). Repas pâte de mil et poulet avec une sauce délicieuse concoctée par Marie-Ange. Toujours 33° au thermomètre mais la nuit est fraîche. 20 ou 21 degrés. Pas besoin de ventilateur.

 

Vendredi 20 janvier 2023

 

Après les agapes d'hier, journée calme en vue. J'en profite pour faire du rangement et me plonger dans le roman Betty. Promenade avec Olivier à un autre marché villageois, chez des membres de sa famille. Chaque étape est l'occasion de boire une calebasse de tchouk. Un type s'énerve parce que j'ai pris sa moto en photo. Je le rassure en effaçant la photo. Olivier me demande de l'attendre et rejoint un groupe qui cache son activité. Un jeu d'argent ? Bonne ambiance mais le tchouk chauffe un peu les esprits. Une dame propose des têtes de poisson grillées dans l'huile comme des frites. Je décline.

Chez un oncle d'Olivier, le stand de marché est très sympa. Je goûte de la peau de bœuf cuisinée avec des piments. J'en grignote un peu mais impossible d'aller plus loin dans l'expérience... Pot avec un responsable de coopérative rassemblent cinquante agriculteurs. Il cherche de l'argent. Lundi, il faudra penser à organiser le retour en bus vers Lomé.

 

Ici, à 14h30, on se dit bonsoir.

 

Samedi 21 janvier 2023

 

Décidément, on me donne du « Monsieur Francis » à tout va, alors que le prénom me semble amplement suffisant. Mes protestations sont vaines.

 

Aujourd'hui, champignons locaux et frites d'ignames au menu du déjeuner. Après une grande matinée de repos, départ pour une grande balade à pied. Olivier m'emmène chez son ami qui cultive les champignons. Il a occulté une cabane, et la maintient fraîche et humide. Les pleurotes doivent être vendues fraîches dans les quarante-huit heures, ou séchées.

 

La température est de 38° aujourd'hui. L'air est plus humide que d'habitude. Olivier explique qu'en avril il fait si chaud qu'on dort dehors.

Mais voilà un samedi bien étonnant ! Nous visitons le nouveau marché de Niamtougou, une construction gigantesque perdue en pleine brousse, avec ses dizaines de hangars (viande, habillement, outils...), son immense bar au toit pointu où peuvent au moins s'installer deux cent cinquante personnes. Sauf que tout est est vide, inoccupé. Les portes d'entrée s'effondrent : le délabrement guette. Pas âme qui vive sauf le gardien qui joue aux cartes avec des amis, et la barmaid qui s'ennuie, sono poussée à fond pour ce décor surréaliste... puisque le marché de Niamtougou est toujours installé dans le centre de Niamtougou : les commerçants du grand marché du dimanche refusent de changer d'endroit. On a même aménagé, au sortir de la piste de brousse, une avenue quatre voies de cent cinquante mètres avec éclairage urbain. « Il va falloir y aller au bulldozer et avec la police pour que les marchands s'installent enfin ici », m'explique-t-on. Certains estiment que ce marché conçu comme un hypermarché à l'occidentale est trop petit. A suivre. L'Afrique...

Olivier me parle des élections, dont il a été un jour « contrôleur ». Lors de la formation, il apprend qu'il y aura douze bureaux de vote. Au moment des résultats apparaissent deux bureaux de plus, avec des résultats de 100% de voix pour le sortant. Il pose quelques questions, reçoit 30.000 CFA pour sa journée et comprend qu'il doit se taire. Rien n'apparaît dans les constats des contrôleurs. « Et si tu en fais trop... tu disparais brusquement pendant la nuit et on ne te voit plus ».

 

Rencontre – Florance Kalemao Moguéma, présidente de la coopérative T'Kedhome, groupement de producteurs de soja créé en 2021. La coopérative compte une cinquantaine de producteurs de Samaragou, principalement des femmes. Les achats de semences et les ventes sont réalisés en commun. Les champs appartiennent à la coopérative. Pour le labour, il faut embaucher le métayer. L'objectif de la coopérative est de produire, acheter, vendre pour revendre, pouvoir faire de petits prêts, dégager une activité lucrative pour les femmes. Si un membre de la coop est malade, la coop pourrait financer les soins. Les cotisations sont mensuelles. La coop a besoin d'appui financier, et aussi de bâches pour le battage et le séchage. Un bon projet pour Merville-Samaragou (500.000 Cfa soit 762 euros).

Démonstration de battage du soja.

On prend un verre dans un bar qui diffuse du Frédéric François et du Franck Michael à plein volume. Mes amis adorent, les paroles c'est de la philosophie. Attablé avec nous, un ancien surveillant du collège. Il s'en prend sèchement à la très nonchalante serveuse, lui expliquant avec autorité qu'elle ne doit pas jeter au sol les premières gouttes de bière qu'elle a servies. Cette pratique suppose que les verres sont sales et qu'il faut ainsi les rincer. Il lui montre aussi comment on pose la soucoupe avec la monnaie. Il la sermonne sur l'image qu'elle donne de l'établissement et de l'accueil. La serveuse ne moufte pas et se réveille à peine...

Nous voilà à une fête locale. Normalement elle se déroule le 24 janvier mais elle a été avancée au 21, qui est un samedi. On fête un père fondateur de l'ethnie Naoudé. Les danses se déchaînent dans un champ. La foule des villageois est au rendez-vous. Certains sont grimés, déguisés. Des enfants vendent des bonbons. Je leur en achète et les distribue aux gosses.

 

Dimanche 22 janvier 2023

 

Jour de marché à Niamtougou, à dix minutes de moto de Samaragou. Immense, très fréquenté. On y trouve de tout mais que de l'utile pour les besoins vitaux. Quand même de quoi permettre aux femmes de s'embellir, et quelques stands de médicaments venus de Chine. Pas moyen de trouver un ballon pour le petit-fils du chef. J'achète deux pommes. Je recharge mon téléphone. Je prends une cinquantaine de photos. Quelques-une devraient être réussies. On me dit à demi-mot qu'il y a des stands de viande de chien. Mais je n'insiste pas car cela ne va pas être très vendeur en France pour mon association.

Ici, on vend toutes sortes de piments : gingembre, curcuma. Partout, du riz, des céréales, du bœuf débité en direct, des volailles, du mouton. Et aussi de la vaisselle, d'immenses marmites en alu, des friperies (les excédents d'Europe), un bric-à-brac ordonné, un bordel organisé. Un stand vend des fétiches et des talismans.

Nous discutons du bar du Bercail qui a besoin d'être débarrassé et relooké. C'est le moins qu'on puisse dire mais ce n'est qu'un avis d'Européen. Ici, tout le monde peut ouvrir un débit de boissons et ne paiera pas de taxes tant que le service des impôts ou le syndicat ne leur tombe pas dessus.

 

Lundi 23 janvier 2023

 

Je prends le rythme africain, il est temps haha ! Matinée pour aller chercher le ticket de bus pour mon retour à Lomé. Le voyage aura lieu jeudi. Coût 7500 CFA (11,40 euros) pour 450 kilomètres. Départ 9h30, arrivée vers 18h00. Koffi m'accueillera chez lui pour la nuit « chez l'habitant ».


Ensuite, promenade dans Samaragou. Je découvre les tambours géants utilisés pour annoncer les décès : « Celui qui les vole ne retrouvera jamais sa maison ».

Les tambours qui annoncent les décès

Nombreux arbres à fruits et nombreuses plantes, dont on m'explique les vertus médicinales. Une maison fut habitée par deux Français qui étudièrent la civilisation nawda : je me souviens avoir croisé la dame en 2009. Ils sont repartis en France et doivent être très âgés. Lien Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lossos

 

Après la sieste, nouvelle escapade à pied au nouveau marché cantonal (voir plus haut) pour prendre des photos de ce lieu neuf et abandonné. Au retour, je croise Olivier qui est à ma recherche. Nous buvons une bière ambrée au nouveau bistrot-wifi-cave à vin. Deux amies d'Olivier viennent nous saluer et font des selfies. Connexion 100 cfa pour trois heures (15 centimes d'euro). Des types font des relevés pour mesurer les effets de l'antenne de la radio locale sur l'aérodrome. Dans le groupe, le premier blanc que je croise depuis mon arrivée, totalement indifférent... ou occupé.  Au retour, le soir tombe, il y a une messe au Bercail.

 

Mardi 24 janvier 2023

 

En route pour le pays de Koutammakou ! (lien : https://whc.unesco.org/fr/list/1140/). Là vit le peuple Tamberma (ou Taberma ou Batammariba). Soixante kilomètres en moto, mi-bitume mi-piste poussièreuse... Nous doublons des nombreux Titans en panne (de très gros camions qui relient Lomé aux pays des frontières du nord). De petits chemin permettent d'échapper à un contrôle de police... et l'indispensable bakchich. A quatre sur deux motos... Voilà que celle qui transporte Olivier est victime d'une crevaison. Nous sommes au milieu de nulle part. Comment ça va se passer ? Le pilote appelle un ami qui surgit au bout d'une demi-heure. Il répare la crevaison en un tour de main, sans démonter la roue arrière. Il sort la chambre à air, trouve le petit trou, colle une rustine. Quel savoir-faire ! Un coup de pompe et ça repart. Coût de l'intervention : 500 CFA + 100 CFA pour la location de la pompe (total : 91 centimes d'euro).

Nous voilà face à trois « tatas », petits châteaux du peuple Tamberma, classés à l'IUnesco. Dans un château peuvent vivre quinze personnes et être abrités tous leurs animaux : la nuit on y entassait les bœufs, les moutons, les chèvres et les volailles au rez de chaussée. La famille (quinze personnes, donc) se nichait dans une chambre de 80 centimètres de haut, située sur la terrasse, dans laquelle on rentre à reculons par un trou. La promiscuité n'empêchait visiblement pas de faire des enfants.

Le guide m'indique les « caméras de surveillance » de la chambre, des trous dans les murs pour surveiller les environs. Il y a aussi un trou dans le sol, braqué que l'entrée du château, par lequel il est possible de tirer une flèche. Comme le reste, la cuisine est exiguë. Les femmes (jusqu'à trois épouses pour le chef de famille) et les filles y mangeaient en premier, avant de servir les hommes et les garçons sur la terrasse. Les toits pointus couvrent les greniers. On peut passer la nuit sur les terrasses. Livre d'or, petit musée. Le guide est très directif pour les photos, un vrai metteur en scène. Ses explications sont claires et passionnantes. Avant de reprendre la route, on tente le bar mais pas de bière... L'étape aura lieu à Defale où l'on se désaltère avec une Beaufort. Puis retour à Samaragou pour 14h30. Voilà une journée bien remplie, complétée par une douche, du repas, une balade à pied dans le village.

 

Mercredi 25 janvier 2023

 

Olivier n'apparaît que dans l'après-midi. Nous rendons visite à ses amis, à des membres de sa famille : nous arpentons un petit marché situé près de la maison d'Olivier. Il me présente son père, qui vit dans une des pièces de sa maison, cigarette aux lèvres et petite radio collée à l'oreille. J'insiste pour offrir une calebasse de tchouk au « vieux ». L'épouse d'Olivier nettoie une bouteille de plastique et nous allons chercher la bière. Le vieux est ravi.

Devant la maison d'Olivier, un baobab à gros ventre, un arbre sacré qui « a une histoire ».

Le baobab à gros ventre

Je profite de l'accalmie qui suit pour faire du rangement, trier les photos, aller recharger mon téléphone. J'ai le temps de me replonger dans Betty, un roman vraiment exceptionnel. Le soir, réunion avec les responsables du village pour faire le bilan du séjour et lister les besoins du village. On se remercie mutuellement. Le chef coutumier et le CVD sont là. Puis une table est dressé dans la cour du Bercail pour un petit banquet avec omelette aux légumes, spaghettis, tchouk. Un repas-surprise mitonnée par Marie-Ange. Elle explique avoir besoin de lunettes : je lui demande de me faire parvenir sa prescription. Les festivités sont joyeuses. Elles se terminent à 23h15. Mon sac de voyage et mon sac à dos sont prêts.

Jeudi 26 janvier 2023

 

Le matin, je fais quelques clichés du Caou de Merville accroché sur un baobab face au Bercail. Ensuite il est rangé dans son tube de carton, dans le local du CVD, en attendant d'être fixé au meilleur endroit.

 

Nous quittons Samaragou, à trois sur une moto : le pilote, Olivier, moi... mon sac de voyage et mon sac à dos. Niamtougou est à dix minutes de là.

 

Le bus de 9h30 est en panne. Nous poireautons à la station-service une heure... deux heures... trois heures... C'est loooooooong ! A 13h30, toujours pas de bus de secours. Merci la Poste (qui gère la ligne). Ils ne me reverront plus. 7500 cfa perdus. Et le temps passe alors que je dois absolument être à Lomé le soir. Je décide de trouver un véhicule pour faire les 450 kilomètres qui me séparent de la capitale. On arrête un taxi qui se rend à Kara. Le chauffeur m'explique que son frère l'y attend, au volant d'un 15 places qui se rend à Lomé. Fabuleux ! Le taxi est une guimbarde 5 places où l'on s'installe à six puis sept quand s'y ajoute une jeune femme qui a fait signe du bord de la route. Elle refuse de mettre sur les genoux du passager avant et se retrouve assise sur le frein à main. Elle se plaint que ça lui fait « cul-cul » et menace de ne pas payer la course. A l'arrière, nous sommes trois adultes et un bébé. Le chauffeur fonce, téléphone vissé à l'oreille. Quand un passager descend, un autre monte. En une demi-heure, nous voilà à Kara où attend le 15 places.

En route pour Lomé dans ce vieux minibus prêt à tomber en morceaux. Assis au fond près la vitre, je saute sur mon siège quand le véhicule fonce dans les nids de poule et sur les bosses. Je me cogne au plafond. C'est presque drôle. On roule souvent à gauche pour doubler d'interminables files de camions. Rouler à gauche, ça évite aussi de mordre la ligne blanche ? De temps en temps, voilà u camion dans le décor, les roues en l'air. Puis un Titan en portefeuille, cabine arrachée, avec l 'équipage qui attend. Puis une voiture sur le flanc. Trois ou quatre fois, des barrages militaires arrêtent le véhicule. Le chauffeur sort un billet et on repart.

 

Le rallye continue à tombeau ouvert, dans la nuit et sans éclairage urbain. On est secoué dans tous les sens, on saute sur son siège, on se cogne... bref on avance et tout va bien. A chaque arrêt, les mêmes vendeuses de poisson grillé, fromages rouges, bananes, pain, biscuits, sodas colorés, arachides... Ensuite tous les passagers partagent les victuailles... Au téléphone, Koffi me rappelle de dire et dire encore au chauffeur que je descends à la station-service Sanol, à Tolplé. Me voilà arrivé. Je félicite le chauffeur qui affiche un sourire radieux, expliquant qu'on ne l'a jamais complimenté ainsi. Il est 21h30. Le trajet a duré sept heures. Deux minutes suffisent à Koffi pour arriver. Chez lui, ses nièces ont préparé des légumes en salade, du poisson et du riz, de la sauce, des bananes et une bière fraîche bien méritée ! Coucher 23h30. Le lendemain, le taxi vient me chercher à 5h00. Direction aéroport.

 

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